Le départ en retraite met fin à la mutuelle d’entreprise le jour où le contrat de travail s’arrête. Vous avez six mois pour demander à la garder en individuel, ou vous en choisissez une autre. Ce guide explique les deux options, le calendrier à tenir pour ne pas rester sans couverture, et les situations où les règles changent. Si vous cherchez directement un nouveau contrat, la page mutuelle senior et retraité compare les garanties et les prix après 60 ans.
Ce qui se passe le jour du départ
Tant que vous êtes salarié, votre complémentaire santé est un contrat collectif : l’employeur en paie au moins la moitié et vous y adhérez d’office. À la date de départ, vous sortez de l’effectif et le contrat cesse pour vous. La portabilité, qui prolonge la mutuelle après un licenciement, ne s’applique pas à un départ en retraite : il n’y a pas de période gratuite.
L’organisme assureur doit vous informer de la possibilité de poursuivre la couverture en individuel, et vous disposez de six mois après la fin du contrat pour le lui demander. Entre-temps, il ne vous reste que l’Assurance maladie, qui rembourse en moyenne 70 % d’une consultation et laisse à votre charge le forfait hospitalier de 23 € par jour, les dépassements d’honoraires et l’essentiel de l’optique, du dentaire et de l’audition.
Première option : garder le contrat d’entreprise grâce à la loi Évin
La loi Évin oblige l’assureur du contrat collectif à proposer aux retraités un contrat individuel reprenant les mêmes garanties, sans questionnaire médical ni délai de carence. Vous payez désormais la totalité de la cotisation, sans la part employeur.
Le tarif est encadré par un décret de 2017. La première année, il ne peut pas dépasser celui payé par les salariés en activité, part employeur comprise. La deuxième année, il est plafonné à 125 % de ce tarif, la troisième à 150 %. À partir de la quatrième année, l’assureur fixe librement le prix.
Cette option a deux limites. Les garanties restent celles négociées pour les salariés, avec de la maternité ou de l’orthodontie dont vous n’avez plus besoin, et parfois des plafonds faibles en audition. Et une fois la troisième année passée, le tarif rejoint ou dépasse celui des contrats seniors du marché. Beaucoup de retraités gardent ce contrat par habitude sans jamais le comparer.
Seconde option : un contrat senior choisi sur le marché
Les contrats senior sont construits pour les plus de 60 ans : remboursements renforcés en hospitalisation, dentaire, optique et audition, garanties jeunes retirées. Ils s’adressent à tous, sans limite d’âge à la souscription, et la grande majorité des assureurs ne demandent aucun questionnaire médical pour une complémentaire santé.
Le prix dépend de votre âge, de votre département et du niveau choisi sur chaque poste. Selon la DREES, la cotisation moyenne d’un contrat individuel était en 2023 d’environ 94 € par mois à 60 ans et 123 € à 75 ans, et les tarifs varient d’un assureur à l’autre à garanties comparables. Notre page mutuelle senior détaille les garanties à regarder poste par poste et permet de comparer les offres sur votre profil.
| Maintien loi Évin | Contrat senior du marché | |
|---|---|---|
| Garanties | Celles du contrat d’entreprise, sans adaptation | Ciblées sur les besoins après 60 ans, niveau réglable par poste |
| Prix | Encadré trois ans, puis libre | Selon l’âge et le niveau, comparable d’un assureur à l’autre |
| Questionnaire médical | Aucun | Aucun dans la grande majorité des cas |
| Délai de carence | Aucun | Possible sur le dentaire ou l’audition, à vérifier |
| Démarche | Demande à l’assureur dans les six mois | Devis, signature, prise d’effet à la date choisie |
Le calendrier pour changer sans trou de couverture
- Trois mois avant le départ : demandez à votre service RH ou à l’assureur le tarif du maintien loi Évin et faites chiffrer deux ou trois contrats senior sur vos besoins réels
- Un mois avant : signez le contrat retenu en fixant la prise d’effet au lendemain de la fin du contrat de travail. Si vous optez pour le maintien, envoyez la demande à l’assureur par écrit
- Le jour du départ : vérifiez que l’ancien contrat a bien pris fin et que la nouvelle attestation de tiers payant est disponible
- Dans le mois qui suit : contrôlez que la télétransmission avec l’Assurance maladie est active, pour que les remboursements partent sans envoi de feuilles de soins
Si vous êtes déjà à la retraite et sous contrat loi Évin ou sous un contrat individuel depuis plus d’un an, vous pouvez changer à tout moment : la résiliation prend effet un mois après la demande et le nouvel assureur s’occupe des formalités. Le guide résilier sa mutuelle santé donne la marche à suivre.
Trois situations où les règles changent
Le cumul emploi-retraite ou la retraite progressive. Tant qu’un contrat de travail est en cours, vous restez dans le contrat collectif de l’employeur, avec sa participation. La question du maintien ne se pose qu’à la fin de ce dernier contrat.
Le conjoint couvert comme ayant droit. S’il bénéficiait de votre mutuelle d’entreprise, il perd cette couverture en même temps que vous. Le maintien loi Évin peut l’inclure, à condition de le demander, et un contrat senior peut couvrir le couple sur un seul contrat ou deux contrats de niveaux différents.
La petite retraite. Sous 10 421 € de ressources annuelles pour une personne seule en métropole, la complémentaire santé solidaire est gratuite. Jusqu’à 14 069 €, elle coûte 25 € par mois entre 60 et 69 ans et 30 € à partir de 70 ans. Elle se demande à l’Assurance maladie et remplace tout contrat privé.
Questions fréquentes
La mutuelle d’entreprise s’arrête-t-elle automatiquement à la retraite ?
Oui. La couverture collective prend fin avec le contrat de travail. Rien ne se prolonge sans démarche de votre part, ni maintien loi Évin ni nouveau contrat.
Peut-on refuser le maintien loi Évin et le demander plus tard ?
Le délai est de six mois après la fin du contrat collectif. Passé ce délai, l’assureur n’est plus tenu de vous proposer le maintien, et vous souscrivez alors un contrat individuel classique.
Le tarif loi Évin est-il toujours plus intéressant la première année ?
Souvent, parce qu’il reprend le tarif des actifs. Mais il faut raisonner sur trois ans et plus : avec un plafond à 150 % dès la troisième année, puis un prix libre, un contrat senior bien choisi revient fréquemment moins cher sur la durée.
Y a-t-il un délai de carence quand on change de mutuelle à la retraite ?
Pas sur le maintien loi Évin. Sur un contrat senior, certains assureurs en appliquent un sur le dentaire ou l’audition lorsqu’on arrive sans contrat précédent. Quand vous venez d’une autre complémentaire, demandez la suppression de la carence, pratiquée par la plupart des acteurs.
Pour comparer les contrats senior sur votre profil, rendez-vous sur la page mutuelle senior ou sur le comparateur de mutuelles santé de Moneyo.


